La chef de meute

Publié le 24 Novembre 2005


Je n’étais encore qu’un petit chiot innocent avec une forte odeur de chenil dans les poils, mais j’ai vite compris que le chef de meute, et le maître des gamelles pour mon demi-frère et moi, c’était mon humaine. Et pas question de lui usurper ce statut.
  J’ignore où elle avait appris ça, mais elle s’est comportée comme ma mère biologique pour me signifier son autorité. Quand j’essayais de prendre le pouvoir dans la maison, elle me mettait sur le dos jusqu’à ce que j’arrête de gigoter. Un jour j’ai essayé de la mordre pour me dégager et elle m’a aussitôt mordu à la babine. J’ai pleuré. Le chiot humain s’est insurgé contre tant de brutalité, et elle lui a expliqué que quand je serai grand, je serai lourd et fort, avec des gros chicots, et que si on me laissait mordre et faire ce que je voulais, j’allais devenir un gros con de chien pas fréquentable.
  En fait, c’était bien comme ça. On m’a acheté plein de jouets pour que je puisse m’amuser à mordre, et tout le monde était content.
  Encore maintenant, mon humaine essaye de me faire peur. L’autre jour je suis allé dans un coin du jardin, sans demander d’autorisation préalable, pour y faire une reconstitution de Verdun. J’ai creusé quelques tranchées pour voir si en cas d’attaque thermonucléaire, je pourrais m’y cacher facilement. Ne cherchant même pas a comprendre le bien-fondé de ma démarche, l'humaine m’a vertement engueulé, puis menacé de finir mes jours avec une muselière, devant une BNP avec un vigile fou amoureux des chats. Je ne l’ai pas crue, mais cette sinistre évocation m’a fait froid dans le dos jusqu’au bout de la queue.
  Je continue néanmoins mes recherches mais plus discrètement. Je fais semblant de jouer au football, et ni vu ni connu je t’embrouille, je shoote le ballon là où je peux creuser sans être vu.
  De toute façon, le jardin de mon humaine ressemble a l’Amazonie, et j’ai négocié une marge de manoeuvre pour y faire un peu ce que je veux, contre une interdiction formelle de pipi caca sur l’herbe. Parce que madame qui marche pieds nus ne veut pas gambader en terrain miné.

Rédigé par Rémi

Publié dans #le blog de Rémi

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K
Oui, moi aussi je suis un chef de meute qui essaie. Je suis arrivé ici (au Maroc) avec trois bestiaux et maintenant j'en ai six, c'est fin comme truc. Je m'excuse, j'ai récupéré que des batardes croisées berger pas LOF, donc on pourra pas baiser. <br /> <br /> T'as pigé, je suis aussi cru que Bénédicte, voire propablement pire. Quéquette Noire, c'est le surnom de la petite dernière. Le soir où je l'ai trouvée, elle était dans un état tellement piteux que je me suis dit qu'il fallait que je lui trouve un détail marrant pour dédramatiser. C'est top quand on a toujours du Frontline à la maison, on s"éclate on voyant les tiques gicler à un mètre. Quéquette Noire et moi, et les autres, on rentre bientôt en France. Si tu vois des fautes, ça sera des poils de chat sous le clavier.
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