Le règlement interieur
Publié le 4 Décembre 2005
Les usages de la maison de mon humaine ne sont pas trop contraignants à mon égard. Tout ce qu’on me demande est d'être un mec sympa, et de ne pas faire de coups en douce.
J'avais un pote boxer qui, dès que sa maison était vide de présence bipède, s’occupait à faire des tests. Il testait la solidité des meubles, la résistance du bois à une pression de crocs, les possibilités aéronautiques des tapis, etc. Il faisait aussi des essais gastronomiques de pâtées et boissons pour humains, et des tests pharmaceutiques. Ainsi, il s'est un jour fait son propre cobaye pour éprouver l'effet d’une plaquette de laxatifs. Il m'a expliqué par la suite qu'il s'agissait de faire passer le message "tu me fais chier" à son papa. Les humains, n’étant guère subtils, le papa a fait le ménage en disant à son chien "tu me fais chier". Faut-il être borné, nom d'un chien !
Un jour, il a mangé des piles électriques (le boxer, pas le type), et il a failli y passer sur le billard d'un vétérinaire. Depuis, il modère ses indigestions de savoir et de connaissances, et ne mange plus que des livres.
Moi, je n'ai jamais été tenté par ces expériences, j'ai l'appétit délicat...
Mon drame permanent est de ne pas avoir le droit de demander à manger quand la mère et son autre chiot sont à table. Alors je mets en oeuvre toutes sortes de chantages affectifs.
Phase 1 : je pose ma truffe sur la table et je les implore d'un regard où on peut lire toute la misère du monde canin. En réponse, je me fais traiter de clochard.
Phase 2 : je simule une crise d'hypoglycémie, et je tombe par terre. Je m'arrange pour qu'ils entendent le bruit sourd de la chute de mon corps famélique sur le sol. Et à chaque fois, il y en a un des deux pour dire la bouche pleine, et sans se retourner "Tiens ! Voila Rémi qui fait un malaise!".
Par contre, je ne dis jamais non à une Pelforth brune. Mon humaine me dit que j'ai le droit tant que je ne prends pas la voiture pour sortir.
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